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  • Muriel Monteleone

Le Colibri fluorescent

Mis à jour : il y a 6 jours



un petit conte pour les lumières.



Un colibri fluorescent fut un jour amené à parcourir le monde.

Il croisa énormément d’êtres, tous aussi étonnants les uns que les autres, cependant très peu avaient sa fluorescence et même certain étaient , comme en veilleuse.

« Tiens , bonjour, tu n’est pas d’ici ! »remarquaient les êtres sur son chemin.

Mais si ! , tout de même un peu , répondait-il, car je suis sur cette terre et je suis vivant, je vole et je vais vers ce qui m’appelle, comme toi j’échange mes ressentis et ce qui m’appartient. Comme toi , je vole et apprécie ce qui m’entoure.

Ah oui, qu’as tu donc à échanger , qui puisse m' intéresser ? Lui dit un jour un oiseau, plutôt coloré et fin.

J’échange des instants et de l'énergie avec ceux qui me plaisent et qui en ont besoin ! Fit le colibri

C’est très courtois de ta part, lui dit l’oiseau coloré, mais je crois que j’ai besoin de beaucoup trop de choses pour que tes instants me suffisent !

Ah ! Rétorqua le colibri fluorescent , mais qu’attends tu au juste ?

Ho, je n’attend pas, je m’active et je vais chercher partout , sous chaque pierre et dans chaque arbre ce dont j’ai besoin, et en avançant je me nourris, je bois , je dors un peu et je repars……je n’ai pas beaucoup de temps pour toi...

Mais que cherches tu au juste ? Interrogea le colibri.

Je cherche une compagne pour procréer, pour ne plus être seul sur le chemin, pour ramasser la nourriture avec moi, pour s’occuper un peu de moi, pour me poser enfin. Je cherche un trésor et le bonheur depuis si longtemps.

Hé mon Ami ! Lui dit le colibri, regarde! pour l’instant je suis là.

Puis je te consoler en restant un peu auprès toi ? nous pourrions faire du bonheur ensembles le temps de cet échange !

Tu ne correspond pas à ce que je cherche et tu n’es pas ce que j’attends….Que ferais je d’un colibri fluorescent ?

Pendant qu’il parlaient tout deux , le colibri c’était rapproché et avait amicalement touché l’épaule colorée de l’oiseau insatisfait et pâle.

"Je suis là quand même et tant que c’est ainsi, je sens bien qu’il y a du bonheur". Dit il gentiment.

Disant cela il retira son aile de sur l’épaule de son ami. Il y resta, comme une tache, un peu de sa fluorescence.

Quelque part , dit celui-ci, tu as raison... même si tu n’es pas ce que je cherche , il est plaisant de discuter avec toi. Cependant , je ne comprends pas très bien ce qui te fais t’éloigner de chez toi ?

Le colibri éclata de rire : « mais je suis chez moi ! je suis vivant et je te vois, je t’entends et je puis même t’apprécier. Tu es ma famille, car ma maison est cette terre et j’y suis bien. Je sais voir ce qui est beau et aimer ce qui me fait du bien. Tu es chez moi et je suis chez toi !Tu me dis que je ne suis pas d’ici, mais d’où veux tu que je sois ? Comme toi je suis de la terre et sur la terre , avec toi ,chez moi et aussi chez toi ! »

Attends ! Remarqua l’autre intrigué, je ne te suis pas vraiment car , moi je suis là depuis longtemps et tu n’y étais pas avant. d'ailleurs , tu es bizarre Pourquoi es tu resté fluorescent, Colibri, alors que chacun de nous perd cette fluorescence en grandissant , c’est bien connu ?!

Je ne sais pas mon ami, j’ai pourtant grandi aussi. Dis le colibri en souriant, où as tu mis ta lumière ? Je n’ai pas non plus eu d’acné à l’adolescence.et de même je n’ai pas été éduqué par les oiseaux noir et blanc et n’ai jamais eu de maître.

Ah voilà ! si tu avais été éduqué, tu saurais que l’on perd sa lumière en grandissant, que c’est la preuve que tu es un adulte sage, et tu saurais aussi que l’acné, c’est quand tu deviens un vrai mâle prêt à trouver femelle. Tu saurais que le maître est un modèle et que lui , il n’a plus une once de fluorescence comme les petits !! dit l’oiseau coloré et terne tout fier de lui.

Ah bon ! dit le colibri d’un air désolé, il me semble pourtant être un vrai mâle et bel et bien adulte, je suis même plutôt âgé.C'est intéressant !

Dit il , en posant son aile sur l’autre épaule de l’oiseau coloré,

nous sommes les mêmes, de la même race, et pourtant , l’un est satisfait et heureux et l’autre ne l’est pas. Peut être as tu cru tout ce que l’on t’as raconté ? Je suis la preuve vivante que ce fut une erreur d’y croire et qu’il est possible d’être heureux et de le savoir.

L’oiseau coloré et en veilleuse , resta un moment interdit et bouche bée devant ce colibri , décidément très intrigant. Il avait effectivement devant lui la preuve que ce qu’il a appris pouvait être faut….

Puis, d’un coup, il décida qu’il avait assez perdu de temps et qu’il fallait continuer à chercher.

Ils se saluèrent bien cordialement et le colibri fluorescent repris son vol dans la campagne vers d’autres rencontres.

L’oiseau coloré mais un peu terne, resta là, pour chercher dans chaque arbre et sous chaque pierre, car c’est d’ici qu’il était , et il pensait trouver ici, quelqu’un qui lui ressemble et qui soit d’accord avec lui, pour l’accompagner pour toujours.

Alors que le soir tombait pendant qu’il cherchait , les taches fluorescentes sur ses épaules lui faisaient un peu de lumière et il réalisa qu’il cherchait un trésor dans un endroit qui contenait tout ce qu’il avait déjà vu. Il s’endormit en songeant au voyage.

Au petit matin , il se réveilla et s’aperçut que malgré la pénombre de l’aube, il y voyait très clair.

Les taches fluorescentes sur ses épaules avaient grandi pendant la nuit., elles éclairaient tout autour de lui. IL se souvint aussi avoir beaucoup rêvé, mais il ne savait plus de quoi.

Il se lava à la rivière et songea au colibri fluorescent, avec un petit sourire au bec.

IL se sentait heureux et il ne savait pas pourquoi. Il était bien, propre, et comme tout neuf.


Alors pour exprimer sa joie, il s’envola , fit des virages et des détours, il fit même quelques looping . Tout en volant il voyait la lumière fluorescente qui éclairait tout autour de lui et cela le rendait encore plus heureux.

Il décida de voler très loin d’ici , pour aller montrer sa lumière et son bonheur à tout ceux qui cherchaient cela. Il vola tellement loin et tellement longtemps, que lorsque il se posa il ne put faire autrement que de se poser au milieu d’un groupe d’oiseaux verts et bleus en plein caquetage.

Bonjour à tous !dit il gaiement .

Bonjour à toi ! Tu ne semble pas être d’ici !

Et pourtant, je me sens si bien ! répondit l’oiseau coloré fluorescent en posant amicalement son aile sur l ‘épaule du premier camarade vert qui se trouvait là.

Muriel rien que pour vous

avec Coeur